Geneviève Arzul, débusquer les toxines

Geneviève Arzul tient sa sensibilité aux questions d’environnement d’une tradition familiale rurale et du choc éprouvé face au naufrage du pétrolier Torrey Canyon. Suivre la qualité du milieu marin est le fil conducteur de sa carrière, de l’étude d’impact des centrales nucléaires à celle des algues toxiques et des pesticides.

 

Lorsqu’elle a rejoint le Centre national pour l’exploitation des océans, en 1977, Geneviève Arzul avait déjà travaillé trois ans sur l’étude d’impact de la centrale nucléaire du Blayais, près de l’estuaire de la Gironde. Elle était enchantée de regagner le Finistère, dont elle est originaire. Au cours des années suivantes, elle a suivi la construction des centrales le long des côtes de la Manche, dans le cadre du département Environnement littoral du Cnexo.

Au début des années 80, Geneviève Arzul prend un congé parental, qui vient tout juste d’être institué. A son retour, les priorités de recherche ont changé : les programmes EDF deviennent minoritaires par rapport à l’étude des algues toxiques. Elle se signale notamment par la mise au point d’un test hémolytique pour analyser la toxine dans l’eau. Les travaux qu’elle mène avec d’autres chercheurs mettent en évidence l’importance de l’hydrodynamisme dans la formation des eaux colorées, le brassage des eaux constituant un obstacle à la prolifération des microalgues.

A la fin des années 90, elle se consacre à un projet européen de coopération avec le Chili, l’Argentine et l’Allemagne, Aquatoxsal, consistant à étudier l’impact de l’aquaculture sur le milieu marin. Un travail d’encadrement, d’organisation et de coordination qui l’a passionnée et lui a valu une reconnaissance scientifique certaine. Dans la foulée, dégagée de ses contraintes familiales, elle se sent prête à prendre davantage de responsabilités au sein du département Littoral. Les événements ne tournent pas en sa faveur : la parité n’était pas encore à l’ordre du jour… Elle se tourne alors pleinement vers l’écotoxicologie, dont l’intérêt devient primordial pour les eaux côtières polluées par les rejets résultant des activités humaines.

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